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    Avec : Jean-Claude Bolle-Reddat, Sylvie Milhaud, Jean-François Perrier
Musique : Christian Girardot
Costumes : Patrick Dutertre
Assistante à la mise en scène: Florence Bosson, Chorégraphie: Véronique Ros de l

 

 

C'est une pièce toute agréable, légère et amusante qu'est "Music Hall". Une histoire où une chanteuse et deux boys se retrouvent et évoquent leurs souvenirs du temps où le Music Hall vivait dans toute sa splendeur avant de sombrer dans les affres de l'oubli. Lente et désinvolte... et avec le sourire, la fille raconte l'histoire du magnétophone à bande pour un play-back.

Lente et désinvolte... et avec le sourire, la fille montre un intérêt presque démesuré pour un tabouret inflammable craint par des pompiers tout soucieux de la sécurité des lieux...

Et ainsi, lentement, désinvolte... et avec le sourire, j'entre progressivement dans cette atmosphère toute légère, insouciante et ridicule. Oui, ridicule! Un ridicule attendrissant, doux tant la chanteuse, avec le masque du sourire "bien comme il faut" me fait penser à une présupposée Miss France qui apprend qu'elle ne sera que Dauphine. Le sourire malgré l'amertume. Elle sourit malgré qu'elle ait envie de pleurer. ça ne se voit pas dit-elle, non ça ne se voit pas, car elle sourit. L'apparence prend le dessus, je ne vois que son sourire et je souris. Je suis comme dans un rêve, le leur, où je vois les difficultés matérielles, relationnelles, mais tout cela dans la bonne humeur, ce n'est plus la souffrance de l'être que je vois, juste une chanteuse lente, désinvolte... avec le sourire.

Mais le sens à tout cela? pensais-je.

"Et les spectateurs se disent : mais l'histoire?" Il n'y en a pas!

Ma pensée est dévoilée. Je deviens Le Spectateur, l'exigeant, le critique, celui qui déserte les salles. Et la réalité prend le dessus sur le jeu ou peut-être même le jeu sur la réalité. Peut-être que tout est jeu, qu'il suffit de sourire, lentement, avec désinvolture? Mais quand le masque tombe, le jeu de l'apparence devient amer.

Et tout continue lentement, avec désinvolture...

Et lentement, désinvolte et le sourire aux lèvres, je quitte le théâtre moi-même trompée par les confettis jonchés sur la scène.

 

 

  Dossier de Presse


Il y a toujours un lieu comme ça, dans ce genre de ville, qui croit pouvoir servir de Music-Hall, lit-on au début de cette histoire. C'est dans un de ces lieux qu'une chanteuse et ses deux boys se retrouvent, un soir, comme tous les soirs depuis des années. Les images d'une gloire éteinte se mêlent aux souvenirs de leurs tournées dans une rêverie douce-amère... Le music-hall de province a laissé dans son sillage toute une mythologie avec ses couleurs et ses parfums. Aux réminiscences d'un âge d'or où les artistes débarquaient des paquebots en provenance de contrées exotiques, JeanLuc Lagarce a ajouté ses propres souvenirs de théâtre. Music-Hall est le récit tendre et drôle de trois héros perdus dans un monde qui ne les reconnaît plus.

Le numéro évoqué dans la pièce et que l'on entrevoit à peine est une sorte de pièce musicale vouée aux " banlieues grises et villages hostiles". Ce genre de lieu où les artistes doivent affronter chaque soir, selon l'humeur du public local, un besoin féroce de volupté, une mélancolie coriace ou une indifférence minérale. Devant le dépouillement rustique de certaines salles communales, il faut parfois imaginer de subtiles variations de chorégraphie pour les entrées, sorties et mouvements lascifs de jambes. Mais quand il n'y a ni scène adéquate, ni lumière frôlante, ni musique langoureuse, difficile de "faire comme si de rien n'était". Et de rester en toute circonstance, comme le confie 12 chanteuse de Music-Hall, " souriante, lente et désinvolte".

Mythologie encore ? Peut-être. Mais avant d'être reconnu, le metteur en scène Jean-Luc Lagarce a vécu ces tournées de bric et de broc, ces découragements d'après spectacle, ces malentendus abyssaux, ces contrats " à la recette sur entrées", ces buvettes lugubres de salles des fêtes, dont le seul souvenir déclenche l'hilarité, les soirs de nostalgie à plusieurs. Quelques années plus tard, il reprendra avec la même distance amusée ce motif de la troupe itinérante dans une pièce aux accents bernhardiens, Nous les héros, qui met en jeu d'autres proscrits. La brume romanesque entourant Music-Hall s'est estompée entretemps, laissant la place à des références plus autobiographiques : "Après la représentation, on chante une fois encore, écrit Jean-Luc Lagarce, on joue de petits sketches idiots qui nous firent toujours rire - ceux-là qu'on préfère et que nous gardons pour nous - on danse un vieux numéro que nous avions appris pour une ancienne revue de pacotille... On ricane, on imite, on hurle de rire et parfois aussi, nous nous laissons aller à la nostalgie. Demain, nous fuirons, mais ce soir encore, nous faisons semblant puisque nous ne savons rien faire d'autre."

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Une nuit, à la sortie de la gare de Besançon (Doubs), j'ai vu sous la neige, portant ses valises et renonçant aux taxis, s'éloigner le chanteur Ringo Willy Cat, celui-là qui épousa la chanteuse Sheila, qui fut une grande vedette, comme nous disions, qui chanta avec elle lorsqu'ils se marièrent, " Laisse les gondoles à Venise..." - mon frère et moi, nous reprenions le refrain en coeur - et qui venait pour deux soirs, un vendredi et un samedi, chanter ses anciens succès dans une boîte à strip-tease de cette froide ville de l'Est. Une fois, et cela, c'était à Morez aura), le directeur de la salle des fêtes nous expliqua que la semaine précédente, d'autres avaient eu plus de chance que nous, avec du catch féminin arbitré par un nain.

En Italie, à Aoste, il neigeait et tandis que nous mangions tous les trois dans un restaurant désert, abandonnés de ceux-là mêmes qui nous avaient invités, les garçons et les cuisiniers regardaient à la télévision un jeu braillard et coloré. Sur un bateau, au large de la Grèce, une grosse femme, par deux fois, revint gagner sa place, les acteurs la voyaient lentement passer, un verre de Martini à la main. Un petit garçon est venu me tirer par la manche, entre deux scènes, derrière le paravent et m'a dit : "- ça va trop vite, je ne comprends rien du tout !". Une autre fois, et la tempête dehors faisait rage, un bonimenteur, que nous ne connaissions pas, vint dire que nous allions être drôles et nous, derrière le rideau, nous nous sommes mis à trembler de peur. Le plafond était si bas - je ne m'en souviens plus - le plafond était si bas que l'actrice décida de ne pas mettre ses souliers à hauts talons de peur de toucher les projecteurs avec son chignon alambiqué. Une dernière fois - et c'est comme un rêve -, je me suis trompé de porte et je suis entré par la porte centrale, au fond de l'immense scène du Châtelet, devant une salle vide totalement éclairée, et je suis resté pétrifié.

Derrière un rideau, une fois, et cela parlait d'acteurs encore, une chanteuse fondit en larmes aussitôt le rideau baissé et toute la salle l'entendit et éclata de rire. Une comédienne, mais cela, on me l'a raconté, se trompa de ville dans une tournée et au début de la soirée arriva à la porte d'un théâtre fermé tandis que toute la troupe l'attendait à plusieurs centaines de kilomètres de là.

Jean-Luc Lagarce octobre 1989

Jean-Luc Lagarce

Jean-Luc Lagarce est né le 14 février 1957 en Haute-Saône. Maîtrise de philosophie sur le thème Théâtre et pouvoir en occident, en 1981. Boursier du Centre National des Lettres en 1983 et 1988. Boursier du Prix Léonard de Vinci, résidence d'écriture à Berlin d'avril à août 1990. Auteur, metteur en scène, directeur de la Compagnie La Roulotte (cofondée avec François Berreur, Mireille Herbstmeyer et Pascale Vurpillot). Il est décédé le 30 septembre 1995. Depuis Carthage encore en 1979 à Le Pays lointain en 1995, son oeuvre compte une vingtaine de textes connus à ce jour, publiés dans la collection Tapuscrits à Théâtre Ouvert et aux éditions Les Solitaires Intempestifs. Ses pièces ont été montées notamment par François Berreur, Bérangère Bonvoisin, Jean-Claude Fall, Ghislaine Lenoir, François Rancillac, Christiane Cohendy, Hans Peter Cloos, Olivier Py, Robert Cantarella, Stanislas Nordey...

 

Referencement internet

Pas la peine de rappeler que ce film est une adaptation de la magnifique
oeuvre de Bernhard Schlink.Les adaptations sont souvent décevantes surtout lorsqu'elles s'attaquent à des monuments. Pourtant Stephen Daldry surprend par son style qui s'adapte si bien à cette écriture.

Déjà Stephen Daldry avait fait forte impression avec The hours, autre adaptation du roman de Michael Cunningham avec une bande originale marquante composée par Philip Glass.

Cette fois-ci encore, la musique a un rôle majeure dans The reader, Nico Mulhy compositeur de symphonies, de bandes-originales de film mais aussi qui a joué sur l'album de Bjork, donne un ton à ce film.

De la passion à la lecture et de la lecture à la passion. L'un et l'autre ne font qu'un.

Ce personnage énigmatique, dure et passionnée, insaisissable, sauvage et terriblement attachant et beau, cette femme si bien décrite par Schlink nous est donné à voir par cette sublime interprétation de Kate Winslet. Les Gocentriques ne se souvenait plus qu'elle avait eu un oscar mais tellement mérité.

Quoi de plus difficile qu'un tel rôle avec tous ses paradoxes, ses contradictions, ses secrets tout en restant fidèle à l'oeuvre original.

Insaisissable. Tel serait le maître mot de ce livre, de ce film. Pas de lourdeurs intellectuelles mais juste une rencontre, des personnes qui tentent de vivre avec leur passé, leur futur dans un présent qui glisse sans cesse. Les douleurs, les remords, les regrets...Tous ces sentiments n'appartiennent qu'aux être qui vivent leur histoire.

Si l'oeuvre de Schlink reste incontournable, ce film, the reader, bien qu'étant un pâle reflet, est un beau film, une belle réussite.

 

 

 

Referencement internet

 

 

Strasbourg, 20H45 , devant le zénith des files d'attente attendent patiemment. Toutes les générations sont représentées 20, 30, 40, voir 50 ans.

Dans le hall, des gens se restaurent, achètent les gadgets présentés sur un stand. Mais la plupart sont déjà collés les uns aux autres dans la salle, assis sur des chaises ou debout dans la fosse.

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L'ambiance est calme avant les premières notes jouées. La tension monte, la frénésie s'installe, l'excitation augmente, la lumière tombe. Une basse retentit brutalement, un oeil apparait sur un écran. Celui de Mylène Farmer.
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Les Gocentriques ne savent que penser. Ils sont plongés entre l'effroi et le désarroi. Ils pensent aussitôt à Big brother, à 1984, à l'oeil égyptien. Seraient-ils tombés entre les mains d'une secte en adoration devant le grand dieu Mylène Farmer?

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Des images psychédéliques défilent, l'image d'un squelette, la lumière découvre la scène, des statues géantes, cadavresques, hideuses apparaissent. Mylène Farmer surgit du fin fond, minuscule dans ce décor gargantuesque. (Vive l'écran!)
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Une voix étouffée par le son démesuré d'un orchestre en pleine frénésie, frisant la saturation. Des corps habillés d'une combinaison couleur chair. Mylène Farmer ressemblant à une poupée manga.

Le concert à du mal à démarrer. Mylène Farmer chante comme une chanteuse de Cabaret de Broadway, strass et paillettes, ce serait pareil. Le sourire aux lèvres, bien comme il faut.

Comme dans la pièce "cabaret" de Lagarce "bien comme il faut".

 

Des corps dénudés s'entrelacent et se déchirent sur l'écran sur une chanson "points de suture". Les gocentriques n'écoutent plus Mylène Farmer tant ils sont hypnotisés par ces images tellement laides. "C'est laid" qui chantait donc cette rengaine?

L'excitation du début s'effondre. Seul un petit groupe dans la fosse continue à crier ou sautiller. Ailleurs une sorte de léthargie s'installe . Les gocentriques sont abasourdies par un son trop désagréable, une voix qui dérape parfois, des chansons qui ne parlent à personne, une chorégraphie simpliste.

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Derrière les gocentriques, des gens. "Là elle se prépare". Oui elle se prépare. Chanson suivante. Ils disent "Ca y est!" Effectivement c'était le moment de la petite larme à l'oeil.

Mais Mylène sent que cela ne prend pas et enchaine aussitôt sur un deuxième solo avec son pianiste (Yvan Cassar). Elle s'abandonne, abandonne son jeu ridicule d'une mise en scène trop guindée. Et la magie opère, son émotion gagne le public, le touche, le bouleverse. (Enfin c'est ce qu'on crut les Gocentriques mais en faisant quelques petites recherches, ils se sont rendus compte que dans tous ses concerts, c'est à la 9ème chanson Nous souviendrons nous qu'elle verse sa petite larme et remercie le public. Une mise en scène donc mais parfaitement menée)

Une écoute presque religieuse s'installe. Sa fragilité émotionnelle et légendaire fait vibrer la salle. Elle l'a compris. Elle remercie le public.

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Photo Claude Gassian/DNA

Un public dès lors se soulève, chante, applaudit, crie, écoute religieusement.

Ainsi soit jeu. Prouesse d'une chanson. Elle doit boire avant, chanson devenue difficile pour elle. Elle ne peut plus monter dans les aigües, elle baisse d'un ton. Mais voilà, on lui pardonne, tout lui est pardonné depuis cet instant.

Pourvu qu'elle soit douce, Libertine, Je suis un garçon, Désenchantée...La salle se soulève, frénétique, excitée. Une osmose fiévreuse et enchantée s'est crée. Et on repense à la chanson de Barbara "ma plus grande histoire d'amour, c'est vous".

Même les quinquagénaires se lèvent, la salle entière est debout. L'émotion est à son zénith.

Il faut l'avouer, si Mylène Farmer n'a pas beaucoup de présence sur scène, l'émotion surpasse ce léger défaut lorsqu'il n'est pas qu'une mise en scène "bien comme il faut"

Les gocentriques regrettent cette première partie et ce décor qui les a beaucoup déçu. Elle n'a pas besoin de cela.

Les gens quittent la scène. Une jeune fille crie son enthousiasme pour un tel concert, rajoutant "pour une fois, j'ai compris ce qu'elle disait".

 

 

Merci encore à cette inconnue, Karine, qui a permis aux Gocentriques d'aller à leur premier concert de Mylène Farmer. Les places assises sont résolument trop chers.

 

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Mylène Farmer au JT le 14 Juin 2009

 

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A la une
jeudi 07 mai 2009
Mylène Farmer: "la scène c'est la création ultime"

Cette interview exclusive de Mylène Farmer a été réalisée lundi 4 mai, au lendemain de son deuxième concert niçois, dans l’hôtel où elle séjournait, à Saint-Paul-de-Vence, près de Nice.
Comment vous sentez-vous après ces deux premiers concerts niçois ?

Fatiguée et soulagée. Le plus dur, c’est le premier spectacle. Avant, la peur m’habite. C’est une grosse machinerie qui impose que les choses soient, au départ, bridées. Il faut ensuite passer de la répétition à la légèreté, dépasser le côté robotisé. Il y a un gros travail sur l’image, sur chaque tableau, avec toujours l’objectif d’offrir du rêve.

C’est un défi physique important ?

Six mois d’entraînement, avec un coach, mon coach. Essentiellement de l’endurance. C’est fondamental avec une telle énergie. Chanter et danser à la fois n’est pas simple.

A la moitié du spectacle, on entre dans une phase intimiste, avec des ballades. Un moment qui semble vous procurer de l’émotion, vous embrumer les yeux…

Ceux qui ne m’aiment pas vont forcément trouver ça forcé. Mais même en répétition, ça me prend. Car nous sommes dans un moment de dépouillement, dans la fragilité de l’âme. Un moment de partage avec le public (qui chante beaucoup à ce moment là, N.D.L.R.). Je crois que l’émotion passe à travers le piano d’Yvan Cassar, qui est un grand pianiste, et dans les mots. On raconte sa propre histoire et chacun peut inventer la sienne à travers les mots.

Le public est, en quelque sorte, plongé dans un tourbillon sonore et visuel quasi hypnotique. Vous l’avez voulu ainsi ?

J’espère ne pas en avoir trop fait. L’idée, sans vouloir être prétentieuse, est de titiller l’imaginaire, l’inconscient.

Quelle est la base de départ de ce spectacle ?

Vous savez, nous sommes réceptifs à ce qui nous marque profondément, dans la littérature, le cinéma, l’art. Outre des désirs picturaux, je voulais arriver à quelque chose de contemporain, avec des symboles forts. Après, ça se construit comme un collier de perles.

Ce qui domine, dans le décor, ce sont deux grands squelettes…

Les squelettes, ce sont mes écorchés, inspirés par une sculpture du XVe siècle, qui existe dans une église en France. Après nous avoir écouté, Laurent (Boutonnat) et moi, Mark Fisher (concepteur du décor) nous a présenté cette œuvre, appelée « Le transit ». On lui a dit, il nous la faut, en immense… L’écorché, c’est le passage entre l’homme et le squelette, c’est la mort dans une certaine légèreté.

Il y a aussi un tableau animé, qui apparaît à la fin de « Ainsi sois-je », impressionnant et lugubre…

Il nous a été proposé par Alain Escalle (concepteur des décors). Une errance de personnages sur une plage. Une image très retravaillée par Alain de manière à le rendre, comment dire, fantomatique.

On va encore vous reprocher de tirer vers le lugubre, voire le morbide…

L’idée d’expliquer cela m’est difficile. Comment dire ? Pour moi, ce n’est pas morbide. Je veux simplement faire appel, encore une fois, à l’imaginaire, à l’inconscient. Bien sûr, cela draine des symboles. Mais, à chacun de se les approprier comme il l’entend. Ce n’est pas un passage en force. L’envie de choquer ne fait pas partie de moi. Mais l’envie de faire réagir, si ! C’est une manière de se sentir vivant. Dans mon dernier clip, la danse des squelettes est ludique.

Et c’est vrai, qu’en tenue d’écorché, vous êtes plutôt sexy…

(Elle sourit). Autant qu’à être terrifié par la mort, parce qu’elle est inéluctable, autant le prendre avec légèreté, autant en rire. Même si ce n’est pas tous les jours facile…

Est-ce que vous vous censurez parfois ?

Je crois qu’il y a toujours un peu d’auto-censure. Mais chez moi, cela arrive plutôt dans mes mots. Je vous donne un exemple. Dans « C’est une belle journée », je chante « C’est une belle journée/Je vais me coucher. » J’avais d’abord écrit, avec cynisme et dérision : « C’est une belle journée/Je vais me tuer. » Je me suis dit que cela allait peut-être trop loin, qu’il y avait des vies fragiles, que cela pouvait avoir des incidences. Donc, j’ai changé mon texte. Par contre, un sexe peut apparaître sur un écran, s’il n’est pas obscène, il n’y a aucun problème, cela fait partie de la vie.

Il y a beaucoup de représentations du corps dans votre spectacle. Par exemple, les images d’un couple qui s’attire et se repousse. Et surtout la trentaine de poupées nues, grandeur humaine, qui vous ressemblent, exposées dans une immense bibliothèque en fond de décor…

Le corps dans sa plénitude, puis dans sa décomposition avec l’écorché. Le vie faite de contorsions… Le couple en images que vous évoquez, ce sont deux danseurs. Ils expriment des sentiments d’amour et des expressions de douleur. Parce que l’amour intègre aussi le sentiment de douleur.

Pour résumer, votre univers est beaucoup un univers d’amour et de fantastique, non ?

J’adore le fantastique, dans le sens magique du terme, c’est-à-dire qui nous transporte hors de la réalité. J’ai été bercée par Edgar Poe et je continue à le lire et à le relire. Comme Stefan Zweig, comme Kafka. J’ai aussi adoré une série que j’ai découverte il y a peu, qui s’appelle, en français, La caravane de l’étrange. Sur un cirque itinérant, bizarroïde. Cela pullule de symboles, avec ce qui fait un cirque, un côté hyper-sensible et effrayant. C’est très bien réalisé. Un vrai voyage, métaphysique à souhait. J’aime ces univers.

Pour revenir concrètement au concert, aujourd’hui n’avez pas l’impression de plus créer l’événement avec vos spectacles qu’avec vos disques ?

D’abord, la scène est la création ultime. Personne n’entrave quoique ce soit. Quant à l’émotion, elle est d’abord générée par le concert, par ce qui se passe avec le public. Ensuite, il ne faut pas être dupe. C’est une évidence que l’économie du disque s’écroule. C’est une réalité avec laquelle il faut composer.

A ce propos, vous remplissez deux Stade de France en quelques heures et abordez une tournée de 32 concerts tous complets ou presque. L’engouement ne faiblit pas. Impressionnant, non ?

Cela m’émeut. En toute humilité, je me dis pourquoi moi ? Mais je n’ai jamais pensé que le public était acquis. Ce serait une erreur totale. Il peut être déçu. Il peut y avoir des hauts et des bas. Bien sûr, on a envie de durer, c’est humain, mais ça ne me hante pas. On ne peut pas forcer les choses. On peut engendrer. On peut décourager. Mais on est pas maître de sa vie. Par contre, pour durer, la chose fondamentale, c’est le travail. C’est une certitude. Cela se passe parfois dans la souffrance. Mais ça vaut le coup.

Même si cela peut vous valoir de vivre dans un « Paradis inanimé », comme vous le chantez dans votre dernier album. En quelques mots, être une star, c’est être seul ?

J’aurais pu choisir, un moment, une autre carrière, à l’international. J’ai souhaité rester sur la France, même si la Russie s’est offerte à moi un peu plus tard. Donc, j’aurais pu encore aller plus loin. Cela dit, je crois avoir toujours été un être solitaire avec, en même temps, une grande envie et un grand besoin de l’autre. Il faut juste bien choisir. Quoiqu’il en soit, je crois que les êtres humains ont un peu tous les mêmes appréhensions, les mêmes démons.

L’une des principales surprises de votre dernier album, c’est le côté révolutionnaire dans deux-trois titres comme « Réveiller le monde » où vous chantez : « Réveiller le monde/Rêver d’un autre été (…)/Révolus les mondes/Sans une révolution. » Surprenant ?

Je ne suis pas sûre de vouloir porter ce chapeau… Mais j’aime l’idée de la révolution, d’un peuple qui se soulève. J’aime le mouvement de masse. C’est une envie. Une espèce de cri de bête. Pas un message politique. Un regroupement est une force incroyable alors que parfois l’homme dans son individualité me terrifie.

On ne peut finir cette interview sans se rappeler que vous avez du sang breton, par votre mère, qui vit en Bretagne. Que pensez-vous avoir de breton en vous ?

(Elle sourit) La ténacité, le sens des valeurs profondes de la terre. Et puis… j’adore les crêpes ! Ma mère vit du côté de Pleyben. Enfant, j’ai passé mes vacances en Bretagne, à la ferme. J’adore les paysages tourmentés de la Bretagne.

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDetFdj_-Mylene-Farmer-la-scene-est-la-creation-ultime_39382-924419_actu.Htm
Et pour ceux qui cela intéresse, voici une petite information :

Après sa tournée Mylène Farmer devrait jouer dans «L'ombre des autres», un film produit par Claude Berri...

 

 

Allez allez...Les Gocentriques ne peuvent s'en empêcher de jouer :

Jeu des différences.

 

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Alors? Qui a trouvé????

 

 

Annuaire FuN

 

Referencement internet

 

Et oui! Comme tous les ans les inconditionnels et les curieux attendent avec impatience ce nouveau roman qui ne cesse de se raccourcir puisqu'il n'aura que 120 pages cette année. Si les gocentriques font bien leur calcul, 10 pages en moins par an, Amélie Nothomb cessera d'écrire dans 12 ans!

(il est très amusant de lire que même les éditeurs ou les bases de données bibliographiques n'arrivent pas à se mettre d'accord puisqu'on lit 144 pages chez Albin Michel et 160 pages chez Electre)

Qu'importe la quantité si la qualité du contenu y est diront certains. Nous y voilà. Le contenu.

Les livres d'Amélie Nothomb sont en kit comme chez Ikea. On vous livre tout d'abord le titre, puis le résumé de la quatrième page de couverte, et la première page de couverture. Cela met en condition les futurs lecteurs, comment ne pas les rendre curieux?

Evidemment révéler le continue serait déjà une perte potentielle d'un futur lectorat portentiel (hic!). Comme chez Ikea, après voir monté tous les éléments ensembles vous constatez que le résultat est bancal.

Bref. Le contenu donc.

Pour commencer, résumons le résumé de la quatrième page. "Il n'y a pas d'échec amoureux". Bon, comme il n'y a qu'une phrase, les gocentriques éviteront de la résumer davantage.

L'histoire. Enfin! Evidemment c'est une histoire d'amour à la Mélie. Un homme, Zoïle (notre écrivaine aurait elle le fantasme de tuer ses critiques?), tombe amoureux d'Astrolabe tyrannisée par des éditeurs acharnés et la sauve de leurs griffes. Dès lors ils vivent ensembles, nuit et jour, continuellement. Pour Zoïle, cela devient un problème et tente désespérément de se libérer ne serait-ce qu'un instant pour être seul et utilise toute sorte de subterfuges. Il va vivre cette situation comme un échec et décidera de détourner un avion par vengeance.

Et quel est le rapport avec le titre? Il n'y en a pas. Vous écoutez "voyage d' Hiver" de Schubert et vous le marquez sur la première page. Cela fait bien.
Bon, pour tous ceux qui ont aimé "Cosmétique de l'ennemi" et détesté "Le fait du prince", préparez vous à un petit mélange des deux. Cela devrait donner quelque chose de...hmm...de moyen?

Quoiqu'il en soit, on aime ou on n'aime pas.

Mais là où le bas blesse, c'est qu'un nombre inconsidéré de gens se laisse prendre dans les filets de l'éditeur allant acheter le livre non pas pour sa qualité (car ils se jettent sur le livre avant même d'entendre les critiques) mais pour répondre à une curiosité provoquée par un système hautement manipulateur. Ou pour l'image de l'écrivain et de ce qu'il renvoit(il m'a écrit, je lui ai parlé, il m'a téléphoné etc), bref celui qui joue du sentiment.
Il serait tellement mieux de boycotter cette nouvelle rentrée littéraire afin d'exprimer notre mécontentement, nous lecteurs, contre un système qui dessert absolument la Littérature avec un grand "L" et qui voile absolument tout esprit critique au profit de l'auteur faisant de notre écrivaine une rock star.

Mieux encore! Albin Michel se fait déjà un plaisir d'éditer avant même la sortie du livre, un texte lu de Voyage d'hiver lu par Thibault de Montalembert. Vive le commerce!
Si un tel boycotte sur les ventes existait, cela remettrait en question ce système et obligerait les écrivains à revoir "leurs acquis"

Il est si facile de manipuler...D'ailleurs il est possible que l'histoire dite ci-dessus ne soit pas la bonne

 

Il y a des noms qui font rêver : les Pyrénées, le Mont-Blanc...Mais dès qu'on évoque le nom les Vosges, une sorte de courant d'air froid passe instantanément devant le voile de la rêverie. Pourquoi? Et on s'imagine de petites montagnes baignées dans une eau de pluie glaciale sous un ciel gris, immensément gris, éternellement gris. Ce magnifique portrait est accompagné d'un silence absolu, mortellement calme.

L'idée qu'on peut se faire des Vosges n'est pas tout à fait faux. Lorsqu'il pleut, une mélancolie insurmontable nous prend à la gorge. Mais il serait vraiment dommage de s'arrêter sur quelques moments comme ceux là qui sont de loin minoritaires.plombiremars20091391.jpg

Lorsque le soleil vient baigner les cimes des arbres qui s'élancent vers un ciel azur, le paysage est alors monumental, grandiose, d'une beauté à couper le souffle.Alors attardons nous quelques instants à Plombière-les bains.

Plombière ressemble bien plus à un grand village qu'à une petite ville. Une épicerie, un bureau de poste et quelques magasins forment le centre ville. Mais une particularité exceptionnelle caractérise plombière : ses thermes.

 


Au coin d'une rue ou à l'intérieur des thermes vous serez étonné de poser vos yeux sur les vestiges du passé : du béton romain daté de plus de 2000 ans.

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Et sous le soleil, ce n'est pas le chant constant des cigales que vous entendez mais l'eau qui coule à flot, sans cesse, toujours...Une mer dispersée. Une habitante de la région ne manquera pas de vous indiquer une fontaine où vous pourrez boire. L'eau est froide, pure et tellement saine.

Les arbres s'élancent vers le cielplombiremars2009024.jpg

Et entre ciel et terre, ce qui surprend le plus est le caractère à la fois religieux et anti-religieux de Plombière.

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Des remerciements à foison à la Vierge Marie sont gravés sur des plaques qui jonchent les murs d'une chapelle. Une statue de la vierge surplombe la ville en guise de remerciement pour avoir protégé Pombière durant la seconde guerre mondiale mais aussi pour avoir protégé la ville d'une épidémie de la peste en1800 et quelques...

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N'oublions pas, Napoléon venait à Plombière soigner ses rhumatismes et en guise de remerciements il fit construire la magnifique cathédrale qui s'impose au coeur de la ville.

Mais pas seulement Napoléon. Voltaire, l'anti-clérical, venait également se poser dans ce coin perdu et inconnu de France. Il avait son appartement qui est aujourd'hui à vendre. L'air du musée et la proie au commerce et à la corruption de la culture n'a pas encore gagné ce lieu.

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Mais oublions l'histoire et les personnages marquants de celle-ci et observons ces magnifiques lavoirs qui résistent au temps et se trouvent encore utilisés par quelques poupées magnifiques ou ces belles fleurs qui colorient le mois de mars comme les jonquilles où se posent des papillons jaunes. plombiremars2009042.jpgplombiremars2009108.jpgplombiremars2009103.jpg

Ou encore ces peintures murales qui nous surprennent au détour d'une rue

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Alors même si les Vosges paraissent grises et sans intérêt, dites vous que peut-être les trésors n'appartiennent qu'à ceux et celles qui décident de voir.

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Nous avons tous vu un jour un manga animé où il existe plein d'horribles bêtes féroces qui se font tuer par de jeunes gens poussant des cris effrayants avec des yeux exorbités, même cinq minutes et nous en concluons que les séries japonaises ne nous conviennent pas. Du moins c'est mon cas. Et pourtant…Je viens de découvrir un chef-d'oeuvre qui surpasse de loin les animés de Walt Disney qui sont tous fait à la même sauce commerciale. 
Peu connu en France et pourtant qui mérite toute son attention. C'est un animé plein de poésie, de contemplation, de douceur, de douleur, de spiritualité, d'amour…Un scénario bien construit jusqu'à la fin et surtout des dessins à couper le souffle par des détails magnifiques, des semblants de mouvement de caméra à l'épaule, une fluidité extrème tout cela accompagné par une magnifique musique. Un projet des studios Radix avec un scénario de Abe Yoshitoshi. Un animé qui mérite un grand siège dans notre culturehttp://www.krinein.com/manga/ailes-grises-2756.html

Reine Nature déplie son long manteau blanc

Et de légers flocons dansent, insouciants

Mais la révolution mit tout en sang


Sang rouge, sang blanc, tourbillonnent.

Des globules fiévreux et fous sillonnent

Des voies jusqu’alors impénétrables

Et répandent un chaos irréprochables.


Une seconde, l’éternité d’un instant

L’implosion d’un cœur chancelant

Mit en alerte tout organe vivant

Seul l’esprit se rendit sur le champ.


Hypnotisé fut-il par ce regard perçant,

Pupille de la beauté intelligente,

A la poussière d’éclats de diamant,

Divine lumière, insaisissable et éclatante.


Quoi? Quelle est donc cette mélodie?

Quel trouble vient chavirer cet esprit?

Quelle est donc cette douce folie?

Cette voix, cette belle tyrannie?


Globules, rouges ou blancs

Nous voilà au bord de l’anarchie

Elle est là, la belle Maggie

Mais quel est son nom troublant?










Le dictateur est un chef-d'œuvre du cinéma. Ce film audacieux et humaniste est le premier long métrage parlant de Charles Chaplin après les temps modernes dans lequel les dialogues étaient encore assez rares.

Mieux que quiconque, il a su réaliser une satire de la dictature à la fois touchante, hilarante et terriblement dénonciatrice. C'est tout l'art de Charles Chaplins;

Ainsi, dans le dictateur, il prête son visage pour jouer à la fois le rôle d'un juif traqué , un barbier amnésique qui rappelle Charlot et celui d'un dictateur nommé Hynkel, une parfaite caricature d'Hitler rendant le personnage à la fois comique et ridicule. A travers des scènes burlesques qui se succèdent (son alliance avec Benzino Napoloni (Mussolini) habitant de Bactérie, le ballet autour du globe, la « grosse Bertha », la caricature d'Hitler etc) Charles Chaplin dénonce avec force et justesse l'absurdité et les dangers d'un tel pouvoir totalitaire.

C'est un film plein de sensibilité, d'audace et d'humour se terminant sur le magnifique discours pacifique et humaniste et toujours d'actualité de Chaplin. La force de ce film est d'autant plus accentué lorsqu'on le place dans son contexte historique à savoir que le tournage a commencé en septembre 1939.

Schulz:Parle, c'est notre seul espoir.

Le barbier:

Espoir... Je suis désolé, mais je ne veux pas être empereur, ce n’est pas mon affaire. Je ne veux ni conquérir, ni diriger personne. Je voudrais aider tout le monde dans la mesure du possible, juifs, chrétiens, païens, blancs et noirs. Nous voudrions tous nous aider si nous le pouvions, les êtres humains sont ainsi faits. Nous voulons donner le bonheur à notre prochain, pas lui donner le malheur. Nous ne voulons pas haïr ni humilier personne. Chacun de nous a sa place et notre terre est bien assez riche, elle peut nourrir tous les êtres humains. Nous pouvons tous avoir une vie belle et libre mais nous l’avons oublié.

L’envie a empoisonné l’esprit des hommes, a barricadé le monde avec la haine, nous a fait sombrer dans la misère et les effusions de sang. Nous avons développé la vitesse pour nous enfermer en nous-mêmes. Les machines qui nous apportent l’abondance nous laissent dans l’insatisfaction. Notre savoir nous a fait devenir cyniques. Nous sommes inhumains à force d’intelligence, nous ne ressentons pas assez et nous pensons beaucoup trop. Nous sommes trop mécanisés et nous manquons d’humanité.

Nous sommes trop cultivés et nous manquons de tendresse et de gentillesse. Sans ces qualités humaines, la vie n’est plus que violence et tout est perdu.

Les avions, la radio nous ont rapprochés les uns des autres, ces inventions ne trouveront leur vrai sens que dans la bonté de l’être humain, que dans la fraternité, l’amitié et l’unité de tous les hommes.

En ce moment même, ma voix atteint des millions de gens à travers le monde, des millions d’hommes, de femmes, d’enfants désespérés, victimes d’un système qui torture les faibles et emprisonne des innocents.

Je dis à tous ceux qui m’entendent : Ne désespérez pas ! Le malheur qui est sur nous n’est que le produit éphémère de l’habilité, de l’amertume de ceux qui ont peur des progrès qu’accomplit l’Humanité. Mais la haine finira par disparaître et les dictateurs mourront et le pouvoir qu’ils avaient pris aux peuples va retourner aux peuples. Et tant que des hommes mourront pour elle, la liberté ne pourra pas périr. Soldats, ne vous donnez pas à ces brutes, à une minorité qui vous méprise et qui fait de vous des esclaves, enrégimente toute votre vie et qui vous dit tout ce qu’il faut faire et ce qu’il faut penser, qui vous dirige, vous manœuvre, se sert de vous comme chair à canons et qui vous traite comme du bétail.

Ne donnez pas votre vie à ces êtres inhumains, ces hommes machines avec une machine à la place de la tête et une machine dans le cœur.

Vous n’êtes pas des machines.

Vous n’êtes pas des esclaves.

Vous êtes des hommes, des hommes avec tout l’amour du monde dans le cœur.

Vous n’avez pas de haine, sinon pour ce qui est inhumain, ce qui n’est pas fait d’amour.

Soldats ne vous battez pas pour l’esclavage mais pour la liberté.

Il est écrit dans l’Evangile selon Saint Luc « Le Royaume de Dieu est dans l’être humain », pas dans un seul humain ni dans un groupe humain, mais dans tous les humains, mais en vous, en vous le peuple qui avez le pouvoir, le pouvoir de créer les machines, le pouvoir de créer le bonheur. Vous, le peuple, vous avez le pouvoir, le pouvoir de rendre la vie belle et libre, le pouvoir de faire de cette vie une merveilleuse aventure.

Alors au nom même de la Démocratie, utilisons ce pouvoir. Il faut tous nous unir, il faut tous nous battre pour un monde nouveau, un monde humain qui donnera à chacun l’occasion de travailler, qui apportera un avenir à la jeunesse et à la vieillesse la sécurité.

Ces brutes vous ont promis toutes ces choses pour que vous leur donniez le pouvoir : ils mentaient. Ils n’ont pas tenu leurs merveilleuses promesses : jamais ils ne le feront. Les dictateurs s’affranchissent en prenant le pouvoir mais ils font un esclave du peuple.

Alors, il faut nous battre pour accomplir toutes leurs promesses. Il faut nous battre pour libérer le monde, pour renverser les frontières et les barrières raciales, pour en finir avec l’avidité, avec la haine et l’intolérance. Il faut nous battre pour construire un monde de raison, un monde où la science et le progrès mèneront tous les hommes vers le bonheur. Soldats, au nom de la Démocratie, unissons-nous tous !

...

Hannah, est-ce que tu m'entends ? Où que tu sois, lève les yeux ! Lève les yeux, Hannah ! Les nuages se dissipent ! Le soleil perce ! Nous émergeons des ténèbres pour trouver la lumière ! Nous pénétrons dans un monde nouveau, un monde meilleur, où les hommes domineront leur cupidité, leur haine et leur brutalité. Lève les yeux, Hannah ! L'âme de l'homme a reçu des ailes et enfin elle commence à voler. Elle vole vers l'arc-en-ciel, vers la lumière de l'espoir. Lève les yeux, Hannah ! Lève les yeux !

 





 



Des temps et des vents (Times and Winds, titre original Beş Vakit) est le quatrième long-métrage turc réalisé par Reha Erdem produit en 2006. Deux fois récompensé par Festival d'Istanbul 2006 : Grand prix du Jury, et le Festival international des cinémas d'Asie 2007 : Prix Émile Guimet. Durant 1h50, nous sommes plongés dans un univers lancinant qui traite des conflits générationnels et des problèmes de communication tout en nous faisant découvrir une  culture le plus simplement possible. De magnifiques paysages défilent devant nos yeux avec lenteur accompagnés par une musique qu'on ne peut s'empêcher de remarquer : Arvo Pärt compositeur estonien de musique contemporaine vivant à Berlin en Allemagne. Quelques plans m'ont dérangés, deux principalement, qui m'ont rappelé que j'étais au cinéma et que la réalité à l'écran n'est qu'une série de mises en scène pas toujours réussies  A voir mais n'y allez pas si vous êtes fatigués : ce film dure environ 1h50, vous ne pourrez pas profiter pleinement de la beauté qui s'y dégage.

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